Les travailleu(r)ses du sexe, réalisé par Jean-Michel Carré

Publié le par pL

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« Travailleu(r)ses du sexe » est un terme élégant et officiel pour désigner les prostitué(e)s. Pourtant, Jean-Michel Carré va à l’encontre des idées reçues et opte pour des témoignages crus et francs. Les personnes interrogées se baptisent elles-mêmes « putes », donnent leur vision de leur métier à visage découvert et s’interrogent sur les raisons profondes motivant la volonté d’interdire la prostitution en France. Jean-Michel Carré les filme avec beaucoup de respect dans leur univers quotidien, et propose une construction très cohérente. Après avoir présenté la diversité des métiers du sexe (strip-tease, pornographie…), Les travailleu(r)ses du sexe se focalise principalement sur des prostitué(e)s ayant tou(te)s une forte personnalité, qui livrent des anecdotes, soulignent les injustices vis-à-vis de leur métier et essaient de comprendre pourquoi la prostitution dérange la société. Le côté le plus sombre du sujet est quasiment éludé (proxénétisme, prostitution par nécessité…), puisque Jean-Michel Carré ne retient que des hommes et des femmes fiers de ce qu’ils font et défendant leur profession. Le projet n’est certainement pas de défendre une vision idyllique de ces travailleuses du sexe, mais plutôt de démontrer que la prostituée ne donne pas une image dégradante de la femme.

Les travailleu(r)ses du sexe reste toutefois un documentaire très ordinaire dans sa réalisation puisque Jean-Michel Carré opte pour un montage d’interviewes (avec des témoins cadrés selon un décentrage traditionnel pour ce type de séquences), parfois entrecoupées de publicités à fonction récréative. Le cinéma n’est considéré que comme un moyen de véhiculer les récits des témoins. Fort heureusement, ceux-ci sont brillamment organisés, pertinents et intéressants. Ils abordent sans tabou des thèmes souvent oubliés, comme la sexualité des handicapés ou encore les fantasmes inavouables des clients, assouvis par les prostituées. Même dépourvu de trouvailles cinématographiques, Les travailleu(r)ses du sexe est un film qui répond à deux des fonctions du documentaire : informer et défendre un point de vue.

 

12/20

Publié dans Critiques de 2010

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P
<br /> @ Alastor: Non en fait le réalisateur met de côté les réseaux de prostitution, et s'intéresse aux prostituées qui ont choisi de l'être (environ 50% d'après lui, si j'ai bien retenu le chiffre). Et<br /> la question qu'il pose (et à laquelle il tente d'apporter des réponses) c'est plutôt "pourquoi ces femmes qui ont choisi de se prostituer, qui ne sont en aucun cas des victimes, dérangent la<br /> société?"<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Ah ben maintenant je sais comment Anna accède à mon blog!<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Oups, moi qui voulais rester anonyme !<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Salut j'ai accédé à ton article en tapant "sexe" sur Google, et j'avoue que j'ai été très déçue ! Ya trop de mots, et pas assez de photos de cul ! J'affinerai mes recherches la prochaine fois.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> J'ai pas vu le documentaire mais si j'ai bien compris l'article je trouve assez bizarre le point de vue du réalisateur qui cherche à comprendre pourquoi la prostitution dérange alors que c'est<br /> assez évident. Elle dérange parce qu'elle est en majorité régis par des réseaux criminels et que ça les finance. Si la prostitution n'était pas lié à ce milieu là, alors on s'en ficherai<br /> probablement tous.<br /> <br /> <br />
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