la princesse et la grenouille

 

C’est désormais devenu un rituel : à intervalle régulier, un Pixar sort et oblige systématiquement à reconnaître la suprématie du studio en matière d’animation. Plutôt que de se lancer dans une bataille technologique perdue d’avance, Disney opte cette année pour un retour à l’esthétique et aux personnages des films qui ont fait sa renommée. La Princesse est la grenouille est donc un dessin animé en 2D, avec une princesse et un prince-charmant, dans la lignée de Cendrillon et de tous les autres classiques Disney de l’époque. Un retour aux sources qui, s’il séduit pendant quelques instants, est bien vite rattrapé par un manque flagrant d’imagination.

Influencés le conte des frères Grimm, Le Prince Grenouille, Ron Clements et John Musker (réalisateurs d’Aladdin et de La Petite Sirène) revisitent cette histoire en transformant la (fausse) princesse en grenouille lors du célèbre baiser censé redonner au prince son apparence humaine. C’est alors le début des aventures de deux batraciens, qui vont tenter de déjouer les plans maléfiques du sorcier qui leur a jeté un sort. Le scénario est bien mince, et malheureusement rien ne compense ses faiblesses : les personnages secondaires (un crocodile musicien, un ver luisant qui parle trop…) ne sont pas assez drôles ou déjantés pour faire sourire, les bons sentiments comment les interludes musicaux envahissent le film…

Le grand problème de La Princesse est la grenouille est de ne pas avoir su tirer parti de ce qu’impliquait ce retour à la 2D : alors qu’il aurait été facile et amusant de glisser de multiples clins d’œil aux précédents films du studio, le film se complait dans la production d’une fade impression de déjà vu. La simplicité de ce projet ne séduit jamais tant elle est excessive et se transforme bien vite en naïveté : on nous ressort l’éternelle opposition entre les gentils et les méchants, bien loin des préoccupations actuelles puisque les dessins-animés sont capables depuis un moment déjà de proposer des personnages plus complexes et plus nuancés. Finalement, le retour à la 2D tel que le propose Disney ici n’est qu’une régression pour le cinéma d’animation qui avait réussi ces dernières années à se départir de tout manichéisme et d’une morale niaise datée et bien trop pesante.

8/20

Par pL - Publié dans : Critiques de 2010 - Communauté : Cinéma
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